Véhicule de société : êtes-vous sûr que c’est une bonne idée ?

Détenir un véhicule de tourisme via sa société semble logique. Pourtant, sans calcul préalable, la « bonne idée » peut vite coûter plusieurs milliers d’euros cachés.
En 2026, la fiscalité automobile est devenue un véritable labyrinthe.
Le choc fiscal des émissions (CO2)
La TVS a officiellement disparu en 2022 mais elle n’a pas pour autant été supprimée. Elle a été remplacée par deux taxes :
- La Taxe annuelle sur les émissions de CO2 : souvent la plus lourde financièrement, elle dépend du taux d’émission de CO2 et de la date de mise en circulation. Plus le véhicule pollue, plus le coût par gramme de CO2 augmente. Le montant n’est pas figé à l’achat. Pour un même véhicule, la taxe augmente au fil des ans car les seuils de déclenchement s’abaissent (dès 5 g/km en 2026). Ce qui est « neutre » aujourd’hui peut devenir coûteux demain.
- La taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques : La barème est fixe, et vise à pénaliser les véhicules diesel. Les véhicules essences les plus récents font l’objet d’une fiscalité moins dissuasive.
À noter : Ces taxes frappent les « véhicules de tourisme » au sens large. Cela inclut les classiques 5 places, mais aussi les pick-up double cabine et certains SUV de luxe, même s’ils sont utilisés pour le travail.
TVA non récupérable sur le véhicule et l’entretien
Pour l’administration fiscale, les véhicules de tourisme sont par nature exclus du droit à déduction.
- À l’acquisition : Que vous choisissiez l’achat ou la location (LLD/LOA), vous payez le prix TTC. Cette TVA de 20 % n’est jamais récupérée : elle vient lourdement augmenter votre coût d’immobilisation ou vos charges annuelles.
- À l’entretien : Révisions, pneumatiques, réparations mécaniques… Même si ces dépenses sont strictement indispensables à votre activité professionnelle, la TVA sur les factures de garage reste non récupérable.
Avantage en nature à déclarer : un impact direct sur votre fiche de paie et vos cotisations
Dès que vous utilisez votre véhicule de fonction pour vos trajets personnels (domicile-travail, week-ends, vacances), le fisc considère cela comme un complément de revenus.
Ce « cadeau » a un coût, car il est réintégré dans le calcul de vos impôts et de vos charges sociales :
- Pour vous (dirigeant ou salarié) : C’est un montant ajouté à votre net imposable (plus d’Impôt sur le Revenu).
- Pour votre société : C’est une base soumise aux cotisations sociales (jusqu’à 45 % de charges patronales).
L’impact de la réforme des forfaits : En pratique, 90 % des entreprises choisissent le calcul forfaitaire pour sa simplicité. Mais attention, les taux ont bondi depuis février 2025 :
- Si vous louez (LLD/LOA) : Le forfait est passé de 30 % à 50 % du coût annuel global (loyers + assurance + entretien).
- Si la société paie le carburant : Ce forfait grimpe même à 67 % !
Exemple concret : Pour un véhicule loué 10 000 €/an (tout compris) avec carburant payé par l’entreprise, ce sont 6 700 € qui sont ajoutés chaque année sur votre fiche de paie. Résultat : une hausse immédiate de vos cotisations et de votre tranche d’imposition, sans avoir perçu un euro de plus sur votre compte bancaire.
L’astuce Ixeho : Pour les véhicules 100 % électriques, un abattement de 50 % (plafonné à 1 965 € en 2026) est appliqué sur ce forfait, et les frais de recharge sont ignorés. C’est aujourd’hui le seul levier pour réduire drastiquement cette note sociale.
Amortissement déductible plafonné
Pour l’administration, l’achat d’une voiture de tourisme n’est pas une charge déductible comme les autres. L’État limite le montant que vous avez le droit de « passer en frais » selon les émissions de CO₂ du véhicule.
Le principe est simple, mais radical :
- Si vous achetez un véhicule de 40 000 € alors que son plafond est fixé à 18 300 €, vous ne pourrez déduire que cette limite.
- Sur 5 ans, cela signifie que vous déduisez 3 660 €/an au lieu de vos 8 000 € réels.
- Résultat ? Chaque année, vous payez de l’Impôt sur les Sociétés (IS) sur 4 340 € que vous avez pourtant bel et bien décaissés. C’est une double peine pour votre trésorerie.
Plus le véhicule est polluant, plus le plafond est bas. Voici la règle pour les véhicules acquis depuis 2021 :

Conclusion
Vous l’aurez compris : un véhicule de fonction ne se choisit plus seulement sur un catalogue de concessionnaire, mais sur un tableau Excel. Entre l’achat en société, la LLD ou le maintien du véhicule personnel avec Indemnités Kilométriques (IK), l’écart peut se chiffrer en dizaines de milliers d’euros sur 3 ans.
Le conseil Ixeho : Ne signez rien avant d’avoir simulé l’impact réel sur votre trésorerie ET votre fiscalité personnelle.
L’expert-comptable : un partenaire clé dans le choix d’un véhicule de société
Aujourd’hui, un véhicule de société ne se choisit plus uniquement sur des critères esthétiques ou pratiques. Fiscalité CO₂, avantage en nature, TVA non récupérable, amortissement ou encore charges sociales peuvent fortement alourdir le coût réel du véhicule.
L’accompagnement par un expert-comptable permet d’analyser le coût global de chaque solution (achat, LLD, LOA, indemnités kilométriques…) afin d’optimiser la fiscalité, sécuriser les choix et éviter des surcoûts parfois importants sur plusieurs années.
Rédigé par Benjamin GLORYS, Manager Expert-comptable du GROUPE IXEHO
